Dans le cadre du plan de travail marocain dans sa coopération avec l’Union européen le Réseau Marocain Euromed des
O.N.G en collaboration avec l’Association Féminine de Lutte contre la Violence à l’égard des Femmes (AFLCVF) à Safi a organisé le 17 juillet 2010 à Safi un séminaire intitulé : Genre et
droits de la femme. Cette rencontre avait pour but de recueillir les recommandations de la société civile de Safi quant au plan d’Action-Maroc Union Européen.
Le séminaire qui était dirigé par Madame Touria Alamri (Association Epanouissement Féminine) a entamé son mot
d’ouverture par l’allocution de la vice présidente de l’AFLCVF Mme Latifa LMTAHAF. Après les remerciements, elle a essayé de présenter l’association, sa structure, ses champs d’interventions et
ses plans d’actions. Enfin, elle a loué le soutien de
l’AFLCVF pour ce genre d’initiative qui œuvre pour la promotion des droits humains
en général et des droits de la femme en particulier.
Les interventions qui ont pris la parole par la suite lors de cette journée d’étude se présentent comme suit : la
communication de M. Lamrissi Hamid (coordonnateur du Réseau marocain des ONG), la communication de M. Nourddine Saoudi (Expert, Observatoire Nal. Des prisons) et enfin celle de M. Youssef
Khalidi (Avocat).
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L’intervention de M. Lamrissi Hamid (coordonnateur du Réseau marocain des
ONG)
Dans cette communication, M. Lamrissi Hamid a commencé par la définition du Réseau (institution non gouvernementale)
et de ses composantes (50 ONG). Par la suite, il a parlé du contexte dans lequel le Réseau marocain des ONG a vu le jour.
Selon lui, le réseau marocain est le plus dynamique dans la région euro-méditerranéenne. En effet, le travail qu’il a
effectué, les initiatives qu’il a entreprises, et ses composantes de poids (3 syndicats, AMDH, OMDH, 50 ONG…) font de lui un leader dans la zone euro-méditerranéen, devant le réseau français,
grec, espagnol…
Selon lui, la création de ce réseau est l’acheminement de plusieurs étapes. Les relations entre le Maroc et la région
euro-méditerranéenne remontent aux années cinquante. Mais la déclaration de Barcelone en novembre de 1995 reste la plus importante. Cela dit, le réseau est nait dans le cadre des forums civils
qui ont eu lieu à Shtutgart et à Luxembourg. Il était présidé à l’époque par M. Lmkssoud Rachidi. Ses forums concernaient seulement la rive nord jusqu’en 2006 à Marrakech où a lieu un forum
civique. C’est à ce moment que l’UE a engagé une politique de voisinage : plan d’action euro-méditerranéen.
En échange d’un plan d’actions concernant des changements économiques, politiques, sociales, le Maroc a reçu un fond
d’aide d’un milliard d’euro en échange. M. Lamrissi Hamid a rappelé que le Maroc s’est engagé dans ce chantier et a effectué des changements par exemple (le code électoral, l’INDH, la
nationalité de la femme, le code de la famille….) ; mais, il y a encore des attentes (abolition de M. Lamrissi Hamid la pêne de mort, la levée des réserves effectives quant à la
CEDAW…).
Ces constations s’appuient sur une évaluation des travaux du réseau qui a été présentée sous forme de projets. Ces
projets s’articulent sur trois axes :
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Formations : deux formations. L’une à Rabat et l’autre à El Mohammedia sur le monitoring, formations de 50
experts, chercheurs…
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Création de site. C’est le premier site des ONG qui présente les travaux de partenariat entre les réseaux des
deux rives.
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Mise en place de deux rapports. Celui de 2009 qui est déjà publié et celui de 2010 qui va porter sur les
recommandations des ONG de 8 villes marocaines. La première journée d’études qui a eu pour thème la Culture a eu lieu à Agadir. La deuxième est celle qui se déroule maintenant à
Safi.
Ces séminaires concernent six thèmes : la jeunesse, les droits
socioéconomiques, la justice, les droits fondamentaux et la gouvernance. La publication du rapport sur ces séminaires sera annoncée dans une conférence de presse à Casablanca au mois de novembre
de décembre. Enfin, M. Lamrissi Hamid a insisté sur le fait que le Maroc bénéficie maintenant du statut avancé par rapport à l’EU. Pour cette raison, ce genre de rencontres vise avant tout à
l’échange et au recueil des recommandations afin de focaliser l’attention sur les vrais problèmes.
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L’intervention de M. Nourddine Saoudi (Expert dans l’évaluation des projets,
Observatoire Nal. Des prisons)
La communication de M. Saoudi a porté sur le rapport d’évaluation du plan Maroc-UE. Cette évaluation qui est
selon lui synthétique s’est focalisée sur les droits et a eu comme références le respect des droits humains. Son objectif est d’amener les ONG à suivre l’évaluation dans une vision stratégique
pour le bien du Maroc à venir.
Ce Rapport d’évaluation s’articule sur trois axes : Le contexte sociopolitique marocain ; Le Partenariat
euro-marocain et Les comptes Rendus des ateliers thématiques.
Au niveau du contexte sociopolitique marocain, l’intervenant a rappelé que le rapport de la commission
européenne de 2008 atteste les avancées du Maroc ; néanmoins, il a aussi rappelé qu’il existe des résistances à faire aboutir des réformes institutionnelles majeures (justice, enseignement,
administration). Le recours excessif et disproportionné de la répression, la transhumance politique et électorale entre autres, discréditent encore le projet démocratique marocain.
Economiquement, le Professeur Nourddine Saoudi a expliqué la croissance économique dont a profité le Maroc et qui n’a
pas été répartie de manière égale, ni au niveau social, ni au niveau spatial. En conséquence, le Maroc baigne encore dans l’économie de rente, même s’il a pu consolider ses équilibres (dettes,
inflations, déficit budgétaires).
Le système socioéconomique quant à lui, il n’a pas encore permis à de larges couches populaires de sortir de la
pauvreté et de l’exclusion en dépit de l’Initiative Nationale pour le Développement Humain (INDH). Compte tenu de ces éléments, l’intervenant a conclu que le problème de la meilleure
répartition des revenus et le problème de la bonne gouvernance constituent les problèmes majeurs qui entravent les avancées du Maroc.
Au niveau du partenariat Maroc-UE, M. Nourddine Saoudi a souligné la place du Maroc dans
son partenariat avec l’UE par rapport à d’autres pays voisins. Cette relation remonte depuis 1969. Cependant, le rapport d’évaluation note que l’UE ne semble pas être convaincue de la
portée stratégique de l’édification d’un véritable Partenariat euro-méditerranéen, basé sur une approche de coresponsabilité et de co-développement. D’une part, les investissements économiques
demeurent en deçà des attentes marocaines ce qui engendre un déficit de plus en plus structurel du côté marocain. La même remarque concerne les attentes de la société civile marocaine quant au
soutient de l’UE dans des domaines comme notamment les droits humains, économiques, sociaux, culturels et environnementaux.
Au niveau des comptes rendus des ateliers thématiques, il concernait quatre axes. Le
premier s’intitule : Gouvernance – Droits humains – Justice. En somme, le compte rendu met le point sur les réformes entreprises par le Maroc (électoral, la loi sur les partis politiques,
l’élargissement des libertés publiques…). Par la même occasion, cet axe thématique rappelle que la liberté d’opinions et le dysfonctionnement de la justice restreignent les
avancées.
Le deuxième compte rendu qui s’intitule Droits des femmes soulève aussi certaines limites
à savoir : l’annonce de la levée des réserves à la CEDAW, reste une simple déclaration politique; le quota relevant la représentativité de la femme à 12% ‘élections communales, n’est
pas institutionnalisé et enfin, le code de la famille est confronté à des difficultés d’application. Le troisième axe intitulé Droits économiques, sociaux, culturels, étalent les limites de
certains domaines : enseignement, santé, code de travail, tec. Enfin, le dernier axe concerne le thème : Jeunes- formation-culture. Dans ce dernier axe, l’observation de la commission a
porté d’abord sur le retard de la reconnaissance des droits culturels de la population amazighe. Ensuite, elle a indiqué que les jeunes ne représentent pas une catégorie sociale active
socialement, économiquement et politiquement. Le manque d’encadrement et d’orientation en plus des conditions difficiles pour la poursuite des études font que le taux de déperdition scolaire
augmente. C’est pour cette raison que l’évaluation appelle à la nécessité d’élaborer une stratégie nationale en vue de démocratiser la culture et l’accès au savoir.
L’intervention de M. Nourddine Saoudi a été conclue par des recommandations qui portent
sur les lacunes dégagés par le rapport d’évaluation du plan Maroc-UE.
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Intervention de M. Youssef Lkhaldi (avocat)
La communication de M. Youssef Lkhaldi s’est focalisée sur le code de la famille et ce qu’il a apporté à la femme
marocaine. Mais avant d’entrer dans le vif du sujet, l’intervenant a souligné que malgré les problèmes liés à la scolarisation des filles dans le monde rural, le Maroc est sur le bon chemin
pour l’égalité de la femme. En effet, la participation politique de la femme, les projets de développement humains sont des indicateurs qui prouvent cette marche vers l’égalité.
L’intervenant a fait remarquer aussi que l’un des problèmes majeurs auquel se
confronte la femme marocaine est les stéréotypes véhiculés sur la femme dans la culture et dans les médias. Ses images : image du corps, image de la prostituée, image de la consommation
entre autres, sont selon M. Youssef Lkhaldi des représentations biaisées de la réalité de la femme marocaine.
Selon lui, la femme marocaine est plus chanceuse par rapport à d’autres femmes dans les pays arabes. Il a donné
l’exemple du code de la famille. Ainsi, il a rappelé à plusieurs reprises que les réformes qu’a apportées le nouveau code de la famille (l’âge de mariage, le divorce, la polygamie, la
nationalité, le partage des biens…) constituent un véritable acquis pour la femme marocaine. Par ailleurs, M. Youssef Lkhaldi a signalé qu’il y avait encore des problèmes dans l’application
de la loi.
A la suite de ces interventions, Mme Touria Alamri a ouvert le débat. Ce débat était très fructueux et il a porté sur
plusieurs axes. Ces axes ont constitué par la suite l’ossature des recommandations auxquelles le séminaire a abouti. Les recommandations se résument comme suit :
- Renforcement des dispositifs pour l’application des lois ;
- Lutte contre la violence à l’égard de la femme en incriminant cette violence ;
- Intégration de la Budgétisation sensible au genre dans les budgets des ministères;
- Amélioration des conditions de vie de la femme rurale ;
- Intégration de l’approcha genre dans toutes les institutions ;
- Lutte contre l’exploitation des femmes de ménage.
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