Salons de...

Publié le par yassine Benhida

Les dames de Safi dans le salon de coiffure

Un lieu social par excellence

Le salon est un vrai terrain de recherche sociologique. Chaque fin de semaine, des voitures coupent  la petite ruelle près de «café le point». Ceci nous a poussé à scruter les motifs au près de: certaines employées, clientes, et professionnelles du domaine ; afin de comprendre ce qui se passe. Les sujets abordés, l’esprit du coiffeur, le talent, l’espace…ont été la clé de voûte de cette localité.

Histoire d’amour, scandales, scoop… Tout y passe

Samedi après-midi. Le lieu : Quartier Essaâda, un salon de coiffure pour dames, comme il en existe tant à Safi. L’ambiance est à la délectation dans cet endroit oừ la gent féminine vient non seulement changer de tête mais d’idées, surtout. La maîtresse des lieux, loin d’offrir l’image de la coiffeuse classique au airs de « pute », déborde de sobriété. Le sèche-cheveux dans une main et la paire de ciseaux dans l’autre, elle mène à merveille ce ballet oừ les femmes tiennent la vedette. A l’art de la conversation, elle conjugue celui de pouvoir transformer ses clientes en « mass ». Vertu qui lui vaut une réputation en or. Pareil à une ruche, le salon foisonne d’une clientèle bigarrée dont les matières,  aux caractères pas trop familières, ce qui montre qu’il s’agit d’habituées de la maison. Tout le monde paraît se connaître. Bisous et étreintes s’échangent à profusion. Look impeccable, Nadia, une fidèle du salon s’élance dans une conversation sans fin.

Cigarette à la main, le geste élégant, elle raconte, sans réserve, ses déboires avec son fiancé, un officier de la police qui lui rend la vie dure. Désinvolte, elle n’hésite pas à déballer devant l’assistance les détails les plus intimes d’une relation, qu’elle s’est vouée à l’échec.

Les commentaires fusent de toutes parts. Les langues se délient, les récits déferlent, les employées du salon écoutent les unes et les autres, sans oser les contredire.

Dans un autre coin du salon, une cliente d’un autre type ameute quelques curieuses. Cheveux sombre, peau très blanche et maquillage excessif; Nourra a un léger accent. Elle captive l’assistance par ses récits sur un pays qu’elle dépeint au couleurs de l’Eden : les Emirates Arabes Unis. D’après la narratrice, ancienne coiffeuse: "le talent des marocaines en la matière, est sans égal". Parole de professionnelle. Ces propos, qui flattent l’ego des coiffeuses, sont largement approuvés par elles.

Métamorphoser l’espace

Il fut un temps oừ les salons de coiffure figuraient sur la liste des endroits à éviter pour les filles de bonnes famille. La faune qui y foisonnait était pointée du doigt, parce qu’étant constituée majoritairement de filles: aux mœurs légères. Quant aux coiffeuses, elle faisait office d’entremetteuses, qui chassaient leurs proies parmi leur clientèle.

En revanche, ces endroits ont toujours été des lieux de socialisation voire de divertissement. « L’engouement des femmes pour les salons de coiffure est lié à leur sortie dans l’espace publique », nous apprend, sociologues et historiens. « Les coiffeurs modernes accomplissent aujourd’hui le rôle que jouait les mêmes coiffeurs traditionnels pour hommes. En fait, avec l’évolution de la société, la bourgeoisie avait besoin d’endroits pour se faire voir ».

Plus qu’un espace de bien être , le salon de coiffure est le plus souvent érigé en une aire de liberté oừ les femmes , entre elles, se lâchent dans des conversations autour de sujets qu’elles n’osent aborder ailleurs. C’est que l’intimité des lieux est propice aux confidences. En plus de s’offrir une séance de psychothérapie gratuite, les femmes en reviennent l’ego flatté. Les coiffeuses qui ont décelé ce besoin chez leurs clientes ne tarissent pas d’éloges à leur égard. ». Il faut choyer la cliente, lui donner l’impression qu’elle est la plus belle. C’est en quelque sorte pour cette raison qu’elle se rend au salon. Rien de mieux pour la fidéliser »: avoue Affaf, employée de salon.

Aucun détail n’est laissé au hasard. Tout est minutieusement étudié pour plaire. Les architectes rivalisent de génie pour créer des ambiances conviviales de plus en plus personnalisées.

L’ambiance du salon reflète l’esprit du coiffeur, qui doit être différente de toutes les autres salons. Tout se joue dès le premier contact. De la décoration à la disposition des objets…En fait, l’espace du salon traduit le degré de professionnalisme du propriétaire. Décidément, la beauté n’a pas de prix.

Publié dans Actualité de Safi

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m-b 17/12/2006 00:46

joli sujjet, traité d\\\'une manière interssante pour une future sociologue comme moi ou psychothérapeute, peut-être qui sait toi !
mais bon le hamame serait un sujet aussi riche à traiter , surtout si tu utilises le même style, cela pourrait donner quelque chose de grandiose , enfin j\\\'entends par là, la sémantique, la didactique , le journalisme, la  linguistique et la grammaire structurelle, sans oublier la pédagogie et la méthodologie de communication.
pour conclure, je dirai qu\\\'il faudrai cependant se déguiser sous le genre féminin pour pouvoir accéder à ce domaine si bien gardé et préservé de l\\\'oeil savant et narrateur que vous êtes, bonne chance et j\\\'espère pouvoir déguster un tel sujet  en parcourant votre blog prochainement
une lectrice assez admiratrice de votre style d\\\'écriture

Fratelo 15/12/2006 23:35

est pour le hamam, c'est quand?

kawtar 15/12/2006 23:29

Bravo, tu as changé

nadia 15/12/2006 20:31

j'ai adorer ton article, mais pardon pour la question: t'es dejà allé dans ces millieux?
je rigole. a+