Satire

Publié le par yassine Benhida

Le bus de la Fac  : overdose !

L’an 2007 approche, mais le bus de la Fac à Safi est encore soûle, plein, grouillant ; un véritable carrefour culturel. Plein de souffrances, de merveilles, de jouissances... Il ne prend la route qu’après avoir fait le tremplin en étudiants. Ce texte en est un  petit témoignage satirique.

Le bus menant à la Fac de Safi est vraiment phénoménal. Pour y  monter, il est préférable de prendre un journal, un jeu, n’importe quoi, pourvu qu’il  arrive à temps. Enfin, le voilà avec sa belle couleur bleu; couleur d’avenir. Cette fois, vous êtes chanceux ! Il s’arrête, et il semble vide : une quarantaine de personnes seulement; lequel nombre fait écho avec son âge à ce qu’il parait. Courez sinon la porte va se fermer ! Ce n’est pas de sa faute, qu’elle se ferme plus qu’elle s’ouvre; les jeunes chauffeurs l’ont conçue ainsi.

À bord, c’est la Nature  : des corps morcelés a perte de vue. Les filles, comme les garçons cherchent des supports pour avoir l’équilibre. Une brise vient effleurer les narines, chaque fois  qu’il repart d’un arrêt. Subséquemment, c’est le tour de la sueur qui vient stimuler l’olfactif, c’est tellement torride, qu’il est recommandable aussi bien le matin que le soir. Pour le reste c’est le paradis des regards.

Les regards s’entrecroisent ; des yeux chatouillent un compagnon, déjà excité par la chaleur des corps. D’autres, regardent de par les fenêtres, tantôt pour ne voir nul part, tantôt pour admirer le paysage qui s’offre, cavale au même rythme du bus. Sinon, donnent libre cour, au rêve, et à l’imagination afin d’oublier la présence sur un tel bus.

Sans doute, le bus ne quitte assidûment la dernière station qui mène à la Fac , avant de faire son overdose en néant. Le contrôleur l’affirme  toujours : « Avancez, il y a de l’espace, du vide devant !».Il repart avec son bouchon qui atteint le paroxysme. Un encombrement, qui devient plus agréable dans les montées, et les descentes de « Sidi Bouzid ».

Aujourd’hui Ahmed est  assis à côté de Najwa. Najwa est à côté de Badr, qui est debout derrière Farid. À droite il y a Mina. À gauche, Saïd est entrain de réviser un fascicule; qu’il s’est efforcé de résumer, en guise de  l’examen prévu, peut être présentement. Cela mis à part Dounia, qui est collée à Abd lkbir, approximativement collé à Ahmed.Une véritable chaîne d’équivalence, qu’un Harris ou un Chomsky auraient rendu respectivement, sous forme d’équation ou de représentation arborescente, afin d’accéder à la structure sous-jacente. Quant à Edward T.Hall, il aurait sûrement ajouter une case pour la dimension cachée, qui fait à bord plus de moins 30 centimètres à la rigueur.  

Par habitudes les étudiants s’accommodent, la preuve qu’ils se connaissent chacuns, soit par nom, soit à l’aide de l’odorat ou exclusivement par le touché.

          Dans cette optique, il y a les corps doux à frôler et à tripoter, les épaules à tâter, pour passer ou aérer, il y  a les rudes fixer sur un territoire a priori, un regard dévisageant l’autre, un corps implanté jurant  l’impasse aux  intrus qui décide d’explorer la matière, même hâtivement, en encroûtant son geste par un sou cous synchronisé. Et puis, il y a les forts, forts en impuissance. Vulnérable, touchant tous ce qui est touchable; étant guidés par les mouvements du bus, lequel se laisse à son tour, guider par le surpoids.

Si le surpoids guide parfois le contact corporel, il est loin d’empêcher la communication verbale. Elle concerne tout et rien : Des études, jusqu’à la profession future, en passant sans répit à des sujets tel : le beau film que mbc a diffusé hier, la rumeur que Hamid va épouser Khadija, le match de cette semaine, la situation au Proche Orient, Khaled qui a immigré en Canada avec sa femme en vue d’une vie Autre, maman a su pour la relation, les examens approchent, le bus est beau, la vie n’est pas mal du tout, que le chemin est loin…

Des étudiants font passer des papiers concernant, une grève prévue au sein de la Fac  : un bout de papier bourré de doléances. La scène d’éloquence, commence juste après la distribution, un ton à volume hypersonique ou les cordes vocales sont aux summums de leurs vibrations. Une langue mi-dialectale, mi-standard, mais qui reste efficiente, à faire oublier un instant les circonstances du déplacement. L’événement suscite l’attention de certains, cependant la plupart sont concentrés sur leurs objectifs momentanés : séduction, diffamation, vantardise, fantaisie, rigolade...

D’autres, saisissent l’occasion pour parler du temps, où les fac étaient des fac, où les grèves tirées bénéfices, à tous les étudiant sans restriction aucune.

Le temps  à changer, tandis que le bus continue de rouler à pas de tortue. Une fois arrivé, on laisse tout dans le bus, pour le retrouver au retour, pour un nouveau départ, une extase nouvelle, une autre croisière dans le carrefour de l’overdose.

Publié dans Actualité de Safi

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n.n 18/12/2006 19:38

éviter d'écrire des noms.slvp. Pour l'article, pas mal, por quelqu'un qui ne monte pas le bus, mais qui partage les souffraces.

Prof. N. 11/12/2006 01:44

Salut YassineVous arrivez à nous faire "sentir" le bus et son trop plein de passagers. A part quelques fautes, le billet d'humeur peut être ok.Bye