Qu’est ce que l’identité ?

Publié le par Yassine Benhida

Qu’est ce que l’identité ? La question de l’identité occupe actuellement le devant de la scène dans plusieurs domaines, à tel point qu’elle peut désigner tantôt une notion  générale, tantôt quelque chose d’étroit à des fins de mensuration. Donc, il serait aberrant de réduire un concept si complexe que l’identité  en une simple définition .

En effet, depuis longtemps, la notion d’identité a fait l’objet de plusieurs travaux pluridisciplinaires et continue toujours de le faire.

            Distinguons d’abord la tradiction du mot qui est double : l’identité comme mêmeté (latin : idem; anglais : sameness; allemand : Gleichheit), l’autre, l’identité comme ipséité (latin: ipse; anglais : selfhood; allemand : Selbstheit). Depuis la tradition lockéenne, une identité à soi, c’est son principe, c’est la conscience d’un soi. Ce terme désignait deux choses : la relation entre la forme et l’âme. L’identité n’est pas une chose innée, malgré son universalisme, elle s’acquiert par l’expérience. Des lustres après Leibniz vient critiquer cette « Mêmeté », qui d’une façon ou d’une autre s’inspire du cogito comme vérité d’être. Ainsi, il distingue l’identité réelle, identité apparente, identité physique et identité morale. les internes (c’est-à-dire de la conscience), externes, comme celles qui consistent dans ce qui paraît aux autres. "Leibniz conclut qu’il n’existe que l’identité de la non identité en référence à l’indiscernable d’une chose à travers le temps et l’espace. Exemple : Ahmed, mon ami d’enfance n’est pas l’homme que je connais aujourd’hui.

Peut-on définir l’identité ? L’identité est-elle relative ou absolue ? L’identité est-elle une relation ? Univoque et plurivoque.

            A contrario,M. Chabel explique dans son livre « identité politique » (1986 : 11-12) que l’identité n’est pas conçue comme une structure acquise à l’époque des siècles de Lumières où on parlait d’être sans identité « bon sauvage » à la Voltaire, qu’il n’est pris dans son sens universel que récemment. Dans la même optique l’investigation lexicographique nous amène à conclure que l’identité est concept jeune, puisque l’entité « identité » souffre d’exhaustivité dans les articles qui lui sont consacrés Hadia.M « identité et socialisation » (1988 : 13).

            Comme le concept d’identité est complexe, on travaillera pour la commodité de l’exposé sur une définition et certains types d’identité. Dans les études psychosociologiques définissent l’identité comme : « un processus par lequel tout individu reconnaît ou construit les aspects de son organisme, qu’ils soient présents, passées ou futurs, de l’ordre du fait ou du projet, par lesquels il se définira et acceptera qu’on le définisse. » (Hadia : OP. cit. : 18). Par là, l’identité est un représentation  dynamique de soi et du monde qui l’entourne.

            On distingue l’identité personnelle, L'identité sociale, L'identité culturelle « wikipédia ». La première est l’image de soi, qui est subjective et qui est en mouvement. La deuxième réfère au groupe d’appartenance (sexe, âge, profession…) ; plus objective. La troisième est la rencontre entre l'individu et les valeurs de la société (religion, langue, art, sexe…). C’est la liaison entre culture et groupe d’appartenance. On peut aussi parler d’identité interculturelle préconisée actuellement par tous les intellectuels, pour reprendre les même mots T. Rimoux et G. Hervelin est : « organisée autour d'une pluralité de systèmes autonomes les uns par rapport aux autres mais dépendants du contexte dans lequel ils s'actualisent. ».

            Si l’identité est un processus conditionné par le culturel, il y a lieu de noter qu’elle est différemment considérée en tant que problématique, selon qu’il s’agit de la rive nord ou de la rive sud. Ainsi, il s’agit d’un intérêt croissant chez les premiers à une identité individuelle, alors que l’autre, il est plutôt question d’une identité de l’être de la société en général (i.e. expérience du colonialisme, l’acculturation…). Ils sont douloureusement occupés par le fait de préserver leur « identité culturelle ».

            Compte tenu de ces éléments, la question de l’identité reste un processus de socialisation où tous les paramètres (cognitives, affectifs, éducation, culture, morale…) s’interfèrent pour forger une entité hétérogène en continuel devenir. Qu’elle soit inscrite lokienne ou leibnizienne, jeune ou ancienne, la question de l’identité ou ce ce qu’on appelle crise d’identité est l’un des enjeux universels de notre ère.

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Laura-Amina 10/04/2008 15:48

Ah, l'identité ! comme mon prénom l'indique, je nage et surnage dans un flou total. Qui suis-je ? la fille de mon père ou celle de ma mère ? Et il n'y a pas que cette ambiguité, il y a l'autre, celle du physique. D'où viens-tu ? tes origines ? etc..; et puis j'ai lu "la vie sexuelle d'un islamiste à Paris", je l'avais repéré grâce au titre que j'avais trouvé d'emblée drôle, puis pour son résumé, et ma foi, je n'ai pas été déçue. J'ai donc beaucoup ri en le lisant, mais j'ai aussi bien réfléchi : car il s'agit entre autres d'identité, un gars qui ne sait plus qui il est, ni à qui il appartient : Orient ? Occident ? Islam ? Laïcité ? ... bref nombreux d'entre nous, quelle que soit leur origine s'y retrouveront. Et je remercie l'auteur, Leila marouane (que je découvre) de m'avoir offert une si bonne lecture. Avis aux amateurs.

YASSINE 31/01/2008 23:25

Bon chance la voilée pour le partiel !Quant à moi j'ai déjà passé un examen "identité et modernité", je lis actuellement "Identité meurtrière" de Amin Maâlouf et je l'aurais encore dans le second semestre dans langue, migration...Merci enfin pour le commentaire

la voilée 31/01/2008 22:23

Slmc'est marrant, j'ai eu partiel lundi dernier de sociologie du monde contemporain, et le thème c'était l'identité avec un texte de Stuart Hall.Pour les cultural studies, l'identité est multiple, diffractée, disséminée... une conception anti-anti-essentialiste, dé-territorialisée selon Gilroy :D